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Albert Londres

Résistance d’un webdoc au contact du froid

Un hiver dans la rue

 

En cette fin d’hiver, je reviens sur le documentaire Terres communes, dont j’ai assuré la direction multimédia et qui raconte un mouvement de solidarité avec les sans-abris entre Paris et Marseille. Malgré la thématique poignante qui empêche l’analyse strictement formelle, je souhaite poser un regard rétrospectif sur certains choix plastiques et les sources d’inspirations.

À l’écriture, Emmanuel Vigier, le réalisateur, propose très vite la notion de carré, en relation avec le carré des indigents. Même si l’objet ne parle pas uniquement de la mort, celle-ci est un sous-texte à toute nos propositions. Le scandale initial c’est la mort anonyme dans la rue.

Autour de cette forme, il me semble que même lors de cérémonies laïcs, le noir est une couleur récurrente liée à la mort. Nous voilà dans une radicalité assumée. Du noir, du blanc en défonce, une forme minimale et suffisante white forms - Franz Kline

Un documentaire souple

En opposition à un cinéma linéaire, le documentaire souple offre une manière différente d’accéder aux images impliquant une participation du spectateur. Cependant si le spectateur n’intervient pas sur le fil du récit, le documentaire se déroule chronologiquement saison après saison, selon un principe génératif.

Le web-documentaire après avoir exploré des formes éclatées (choisissez votre parcours comme dans voyage au bout du charbon de Samuel Bollendorf et Abel Ségrétin) réduit l’interactivité dans ses formes récentes. On peut y voir un choix assumé Alma enfant de la violence ou une facilité qui permet d’appeler « web-documentaire » des diaporamas (il n’empêche que si le photographe est bon, ça peut suffire : Un somalien à Paris de Patrick Zachmann).

Ce qui nous intéresse et nous transporte, c’est la liberté de Johann Van der Keuken dans son documentaire Amsterdam Global Village. La collaboration de James Agee avec Walker Evans pour Louons maintenant les grands hommesou encore Gaza 1956 de Joe Sacco. Soit des approches hybrides de la notion de documentaire, où la question esthétique fait sens. © Walker Evans



Renaud Vercey
le 12/03/2013

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