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Albert Londres
Au son du pipeline
 
 

Un peu de musique dans ce monde de brut

 

Marseille, Texas. A la fin de l’année, les journaux nous rapportaientune histoire qui nous donnait enfin une bonne raison d’acheter un Stetson : la société britannique Melrose aurait demandé au gouvernement français de prolonger son permis de prospecter dans les eaux méditerranéennes, à peine au large de Marseille. Pour y trouver du pétrole. Une idée qui ne date pas d’hier : d’autres chercheurs d’or noir se sont lancés, en vain. Ainsi, dans les années 80, l’opération « Golfe du Lion profond » n’avait pas fait jaillir une goutte de brut au large de nos côtes. Les Anglais auront peut-être plus de chance.

Pas de quoi révolutionner, pour l’heure, l’emploi du temps des quatre raffineries qui se partagent l’Est des Bouches-du-Rhône : Ineos, Total, ExxonMobil et LyondellBasell ont patiemment tissé leurs réseaux de pipelines sur le territoire de la Crau. Certaines sont même là depuis que le pétrole est monde. C’est le cas de LyondellBasell, ex-Shell, installée à Berre depuis les années 30. Mais pas sûr du tout que la raffinerie historique voit une goutte d’or noir sortir de sa Méditerranée. Depuis mercredi dernier, l’unité a entamé une « mise sous cocon », obtenu par les salariés après un conflit social difficile, en octobre 2011. La direction voulait fermer, la raffinerie est finalement mise en sommeil pendant deux ans, dans l’attente d’un potentiel repreneur.

Sale temps pour les raffineries françaises. Plus haut, c’est Petroplus, ex-Shell également, qui se débat pour survivre. En fin de semaine dernière, l’intersyndicale du site de Petit-Couronne (Seine-Maritime) annonçait travailler sur une proposition de loi taxant les produits pétroliers importés, pour restaurer un équilibre avec ceux raffinés en France. Des parlementaires communistes ou socialistes sont invités à s’en emparer. A Berre, les salariés de LyondellBasell, eux, ont proposé aux autres raffineries du coin de mutualiser l’achat d’un hydrocraqueur, engin à plusieurs millions d’euros permettant de produire du diesel plutôt que de l’essence, pour coller aux marchés français. En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées, comme on disait du temps de la préhistoire, quand JR Ewing était encore à la télévision. Mais l’univers étant impitoyable, pas sûr que ces idées soient entendues. En attendant que la nature mette tout le monde d’accord - le tarissement de la ressource est annoncé d’ici à une cinquantaine d’années – penchons-nous sur ce que le pétrole nous a donné de meilleur : des bonnes chansons. Et citons Sonic Youth, ce qui, reconnaissons-le, n’est pas si courant : « I’m not moving doesn’t mean I can’t ».

Demain dans le feuilleton : LyondellBasell, au crépuscule

Petrole, son brut by Chezalbert on Mixcloud

1- Gorillaz – Plastic Beach
En matière de produits dérivés, on n’a pas fait mieux.

2- Vanessa Paradis – Ma pétroleuse fait yeah

3- Asian Dub Fondation – Oil
A découvrir avec sa version Youtube, avec des images porteuses de tant d’espoir... Impitoyable, l’univers !

4-Alain Bashung – Venus
Extrait de l’album Bleu pétrole...

5- Bobby Womack – Accross 110th Street
Oui, un titre chanté par un Bobby a sa place dans une compil’ pétrole.

6- Sonic Youth – Pipeline / kill time
Et dire qu’ils étaient annoncés, fut un temps, pour Marseille 2013... Maintenu ?

7-Louis Chedid – bidon de gas-oil
Parce qu’il faut bien que quelqu’un dise que le pétrole, c’est mal.

8-Midnight Oil – Scream in Blue
Comme quoi, le chanteur de Midnight Oil ne chante pas toujours comme si il détestait lui-même sa musique.

9-The Prodigy – Diesel Power
Le carburant du jour pour Albert.

10- Les malpolis - Pétrole
Comme ça, c’est dit.


 



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