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Albert Londres
Présidentielle
   AlbR 7   le 4/03/2012
 
 

-Tu veux être le parrain ? -Non merci...

 

L’atteindra, l’atteindra pas ? Voilà la question qui hantent ceux qu’on appelle les « petits partis. » Mais quoi donc ? Je veux parler du seuil fatidique des 500 parrainages nécessaires pour valider les candidatures présidentielles. Les Hollande et autres Sarkozy peuvent se reposer tranquillement sur les milliers d’élus dont leurs partis s’enorgueillissent. Dénués de tels réseaux, les partis plus… confidentiels doivent aller les chercher, ces signatures. Auprès des fameux maires « sans étiquette », notamment. Et qu’est-ce que ça donne ?

Jusqu’au 16 mars 2012, les petites communes que sont Mimet, Barbentane ou Carnoux-en-Provence peuvent se voir aussi grosses que la métropole marseillaise. Tel qu’il est, le système des parrainage attribue le même poids à la signature d’un maire d’une ville millionnaire en nombre d’habitants, qu’à celle de l’administrateur d’un petit millier de villageois. Face à la question des parrainages, ils pèsent exactement le même poids politique. Plus gestionnaires qu’engagés idéologiquement, ces maires de petites communes gonflent les rangs de ceux que les administrations regroupent, un peu arbitrairement, sous les appellations « divers droites » et « divers gauches ». Une aubaine, sommes-nous libres de penser, pour les représentants de ces partis pas très en vue que sont « Debout la République » ou « Cap 21. » ? Que nenni !

« Si les parrainages étaient anonymes... »

Quoique représentant un vivier de voix énorme, beaucoup de ces maires sans bannière ne sont pas d’un grand soutien pour les présidentiables de la marge. Ils sont souvent attachés à leur neutralité et refusent de prendre parti dans un débat qui, estiment-ils, ne les concerne pas. « Monsieur le maire connaît tout l’enjeu de ces parrainages, mais il tient à ne pas fausser la donne des présidentielles », explique-t-on à la mairie de Barbentane (3 700 habitants), comme si on ne voulait pas assumer ce poids politique aussi soudain qu’éphémère. « Il se présente comme étant sans étiquette. Soutenir ouvertement un candidat, ce ne serait pas vraiment cohérent… Peut-être que si les parrainages étaient anonymes, cela changerait la donne. »

Une dimension que semblent avoir intégré les représentants des aspirants candidats à la présidentielle. Ces mairies non étiquetées reçoivent finalement peu de sollicitations. À Carnoux-en-Provence (7 000 habitants) on a reçu « trois ou quatre mails et un seul coup de fil pour un rendez-vous… auquel le maire n’a pas donné suite ». Manque de pugnacité de la part des lobbyistes politiques, ou expérience ? Dans ces petites communes, les maires ont tendance à durer. Jean-Pierre Bertrand dirige, par exemple, Plan-de-Cuques (11 000 habitants) depuis 24 ans. Alors, explique la mairie,« ça commence à se savoir, qu’il ne donnera sa voix à personne... » .

Photo : le bureau national de l’Assocation des maires ruraux de France, par AMRF, licence CC.


 



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