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Albert Londres
Plagiste
   Albert XVII   le 15/07/2011
 
 

Paris-Plage, même combat

 

Cher Albert,

L’arrogance parisienne n’a décidément aucune limite. Ces gens-là ont déjà tout et voilà qu’ils s’arrogent le droit de prétendre à ce que la nature ne leur a pas donné : la plage de sable fin d’où l’on peut contempler les reflets mordorés du soleil qui se mirent chatoyamment sur les nappes d’hydrocarbures. Pour la dixième fois cet été, l’opération Paris-plage verra deux mille tonnes de sable déversées sur les voies sur berge (et donc sous les quais restés ouverts à la circulation) pour se donner l’illusion que la mer vient à ceux qui ne partent pas en vacances (car cette fantaisie s’habille de prétentions sociales). Il faut dire que c’est rudement bien imité : même sable à l’hygiène douteuse, même sono simili-tropicale trop forte, mêmes piaillements d’enfants, mêmes ballons dans la tronche de ta sieste, même promiscuité huilée, même bonne humeur forcée et même pastis à 12 euros… Bref, si Chirac avait tenu sa vieille promesse de rendre la Seine baignable, une copie conforme du bonheur estival méditerranéen, les 1 000 kilomètres de bouchon, les méduses et les cagoles en moins. C’est tellement réussi que la banlieue et même l’étranger clonent l’opération, imaginée il y a quinze, à Saint-Quentin. Oui, oui, dans l’Aisne (tu regarderas sur une carte, c’est encore au-dessus de Paris). Oui, oui, par Xavier Bertrand… Évidemment, tout cela part du principe un peu étrange qu’il n’y aurait rien d’autre à faire dans la capitale l’été que de se mettre à moitié nu sur un trottoir pour regarder passer des bateaux-mouches qui font coucou. Enfin ne boudons pas, l’opération a au moins le mérite d’épater les provinciaux et de les concentrer sur un espace réduit, laissant le reste de Paris aux autres. Un peu comme vos plages finalement…


 



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