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Albert Londres
À jamais deuxièmes
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 12/06/2013
 
 

Margarita, vendez l’OM !!

Alors que s’ouvre officiellement le mercato d’été, Albert pond sa note fictive à l’attention de la propriétaire de l’OM sur la question qui taraude les fans : faut-il ou non vendre le club ?

 

De : xavier.boucobza om.net

À : margarita.louisdreyfus om.net

OBJET : PERSONNEL / État des lieux vente du club à la veille du mercato

Margarita,

Comme vous me l’aviez demandé après le match contre Reims, voici un comparatif des avantages et inconvénients d’une vente immédiate de la SAOS [1] Olympique de Marseille, sans attendre la reprise du championnat.

Mon analyse est qu’il faut entamer la mise en vente du club sans attendre. La prochaine saison ne peut qu’exposer l’OM à un très fort risque de perte de valeur, tant sportive et financière. C’est pourquoi je recommande le lancement des premiers contacts immédiatement. Attendre la pause hivernale nous exposerait au risque d’un début de saison catastrophique comme en 2011-2012.

AVANTAGES DE LA VENTE

- Nous avons dit que nous ne vendrons pas, ce qui peut faire augmenter le niveau des premières offres.

- Nous avons encore un effectif de joueurs revendables et en forme, qui en plus se sont réengagés sur la saison. À l’été 2014, nous serons certainement contraints de nous séparer de piliers comme Valbuena (7 ans d’ancienneté cette année), Mandanda (6 ans), ou des frères Ayew. Sans parler de Gignac, revenu en forme mais qui nous coûte effroyablement cher.

- Nous sommes en Ligue des champions cette année, avec au moins 25 millions d’euros de budget en plus pour la seule phase de poule. A la fin de saison prochaine, ce sera moins sûr : le PSG sera très probablement toujours premier. Et l’AS Monaco, financé désormais par un milliardaire russe, peut prétendre au podium dès cette saison ou au plus tard à la prochaine selon son mercato et si la mayonnaise prend tout de suite ou non avec les joueurs ou l’entraîneur.

L’ASM va déjà flamber entre 115 et 130 millions d’euros en trois transferts, soit quasiment un an de budget annuel de l’OM. De plus, l’ASM paie ses impôts au taux monégasque et ils ont même tenté de débaucher deux de nos joueurs phares (Mandanda et Nkoulou pour ne pas les nommer).

Rappelons-nous qu’il n’a fallu que deux saisons au PSG qatari pour devenir champion de Ligue 1. Nous n’avons fini la saison qu’avec 8 points d’avance sur la dernière place qualificative pour la Ligue europe. Trois défaites de plus cette saison et nous disions adieu à 25 millions de recettes.

- Financièrement, le club va mieux. Entre les dégraissages des gros salaires de l’ère qui-vous-savez (Lucho, mais aussi Deschamps et son staff cher et pléthorique), l’embauche de p’tits gars durs à la tâche mais bon marché (Baup & cie) et les rentrées d’argent dues à notre classement inespéré, nous sommes dans le vert.

- Les juges continuent à tournoyer autour de l’OM : la chambre régionale des comptes doit rendre en juillet un rapport qui pourrait conseiller à la ville de nous présenter les arriérés de loyer pour le Vélodrome, loué à un tarif plus que préférentiel.
Il n’est pas exclu qu’on nous cherche également des noises sur le prix de rachat de la Commanderie [2].
Et une enquête est toujours en cours sur lestransferts de Gignac et Diawara, enquête qui a entraîné la fuite dans la presse d’écoutes téléphoniques de José Anigo [3] où il évoquait votre volonté de vendre.

- Vincent [4] semble à bout : sa pleine page de pub achetée dans l’Équipe pour dézinguer Pape Diouf [5] montre clairement qu’il a fondu les plombs. On ne paie pas pour parler quand tous les micros sont tendus vers vous, que les médias se battent pour avoir votre réaction en exclusivité. Les chausses-trappes ne manquent pas au poste de président de l’OM, il n’est pas sûr que Vincent tienne le coup encore longtemps. Et nous n’avons plus de fusible dispos pour le remplacer.

- Seul l’OM est une vraie marque internationale en Ligue 1 . Pas Lyon, pas le PSG (pour le moment) et évidemment pas Monaco avec son image de Lichstenstein sur Riviera. Nos supporters ne vandalisent pas la Canebière en cas de victoire. Ils s’en prennent seulement aux policiers, aux fans du PSG et de l’OL. Et aux girafes en papier mâché.

- Même les Qataris ont intérêt à ce que l’OM ne soit pas distancé en championnat. Sans quoi la Ligue 1 perdrait toute saveur et leurs investissements dans les chaînes de télé sportive à péage et l’achat de droit de retransmission perdrait de l’intérêt. À défaut de racheter l’OM, les Qataris pourraient au moins nous aider à trouver un autre investisseur.

INCONVÉNIENTS DE LA VENTE

- Tout le problème est de trouver cet investisseur. Les Qataris voudront pas s’acheter un deuxième club pour ne pas être accusés de créer un championnat fermé. Les Russes ont désormais Monaco. Ne restent que les Chinois, dont on ne sait pas toujours d’où viennent les fonds, les Saoudiens et les Koweitiens.

- Pour vendre, il faut se mettre d’accord sur le niveau de prix ET sur l’investissement nécessaire après achat. Le chiffre évoqué par José lors de son écoute téléphonique semble bien trop bas : à 90 millions, c’est quasiment donné, vendu à prix coûtant. Mais si l’on veut rembourser tout l’argent que l’OM a coûté à Robert, cela peut monter à 200 ou 220 millions au total, alors que le Qatar a racheté le PSG pour 50 millions, autant dire une bouchée de pain.

- Le nouveau Vélodrome n’est pas encore livré. Certes le futur stade devrait nous coûter un peu plus à la location, mais il va aussi entraîner une hausse des recettes en billetterie puisque les places supplémentaires sont presque exclusivement des places VIP vendues beaucoup plus cher.

- Les associations de supporter n’ont pas encore perdu leur pouvoir. Tant qu’elles gardent la main sur la billetterie des deux virages, nous n’avons pas les coudées franches pour augmenter le prix des places, les recettes de billetterie et par conséquent la valeur du club.

- Quand on regarde le Bayern Munich, on voit qu’on peut gagner la Ligue des Champions sans pétrodollars ni gazoroubles. Il suffit d’un bon centre de formation (on a), d’une gestion financière rigoureuse (on commence) et d’une culture allemande (ça peut venir).

Malgré ces inconvénients indéniables, je maintiens que la mise en vente du club est la meilleure option pour nous désengager, avec le moins de casse possible, d’une activité qui est un gouffre financier et un investissement plus qu’incertain en termes d’image.

Je vous propose que nous en discutions plus en détail lors de votre prochaine venue à Paris ou Marseille avant d’aborder la question avec Vincent.

Bien cordialement vôtre

Xavier

Photo : Margarita Louis-Dreyfus et Dilma Roussef, 2011 par dilmaroussef, licence CC

Notes

[1] Société anonyme à objet sportif.

[2] Centre d’entraînement et siège administratif de l’OM.

[3] Directeur sportif de l’OM.

[4] Labrune, président de l’OM.

[5] Ancien président de l’OM.


 

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