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Albert Londres
Politique
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 8/09/2011
 
 

Le PS envisage l’importation de candidat
pour la mairie de Marseille en 2014

 

L’affaire Guérini étant devenue un tel boulet national pour le PS, on en oublierait presque son impact local. Car après une présidentielle, les législatives, et une réforme de la fédération à gérer simultanément en 2012, le PS des Bouches-du-Rhône n’aura en gros plus que l’année 2013 pour se trouver un candidat à la mairie de Marseille. « Gagner Marseille cela veut dire trouver 500 000 électeurs, donc avoir quelqu’un de puissant, compétent, rassembleur dans sa famille politique et au-delà d’elle », portraitise Jean-David Ciot, premier secrétaire du PS 13. Une primaire ouverte à tous les électeurs socialistes pour donner de la légitimité ? « Je ne sais pas si ça réglerait le problème de leadership, tranche Ciot. Il ne faut rien s’interdire, il y a des candidats qui peuvent revenir à Marseille. » Avant de lister les éventuels produits d’importation, revue des chances des potentiels candidats, 100% locaux, pour le fauteuil de Jean-Claude et Gaston-le-maire-illustre, du plus improbable au plutôt plausible. Car comme le dit Jean-David, « en politique, à part la mort physique, aucune mort, même judiciaire, n’est définitive ».

Le retour de Cassandre

Philippe Sanmarco
Elu Convention citoyenne à Marseille-Provence Métropole

Écarté petit à petit du PS dans les années 1990, passé à droite lors des municipales de 2008, le dauphin de Defferre a longtemps joué le rôle de Cassandre à gauche, aux prédictions budgétaires maintes fois vérifiées à la communauté urbaine. Guérini empêtré dans les affaires, le PS rappelle à lui celui qui fut l’un de ses plus brillants esprits.

Probabilité : 1%

La vengeance est un plat qui se mange glacé

François Bernardini
Maire divers-gauche d’Istres

Condamné en 2000 pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, exclu du PS et remplacé par Guérini à la présidence du conseil général, Bernardini a réussi contre vents et marées à être réélu maire d’Istre en 2008, malgré une liste dissidente montée par le PS. Cette semaine, alors que tous ses adversaires passent à la moulinette judiciaire, il dépose officiellement sa demande de réintégration au PS. La première marche vers la conquête de Marseille, puis du département, avec les socialistes istréens en fer de lance contre les Marseillais ?

Probabilité : 3%

Le ténor reprend la barre

Michel Pezet
Vice-président du conseil général

Chef de file de l’opposition socialiste à Marseille, puis tête de liste divers-gauche dissident à Aix en 2008, le brillant avocat, spécialisé dans les affaires de grand banditisme, est finalement rentré dans le rang en réintégrant l’équipe de Jean-Noël Guérini au sein du CG 13. Tout en hésitant pas à critiquer le verrouillage de la fédé. Profitant du boulevard qui s’offre à lui, il se relance dans la course à Marseille, accueilli à bras ouverts par des socialistes qui ont fini par comprendre qu’ils ont sous-utilisé ce grand talent.

Probabilité : 5%

Girl power

Sylvie Andrieux
Députée des Bouches-du-Rhône

Mise en examen pour détournement de fonds publics dans l’affaire des subventions de la région Paca, accusée par des camarades d’avoir fait bourrer les urnes dans certaines sections de sa circonscription pour le congrès de Reims, la députée vient pourtant d’être désignée responsable de la commission adhésions au PS 13, dans le cadre de la rénovation ordonnée par le rapport Richard. En 2013, elle décide de se lancer dans la course en se réclamant de la parité et du principe de « Si Jean-Noël peut, pourquoi pas moi ? ».

Probabilité : 8%

Du riz dans la bouillabaisse

Michel Vauzelle
Président du conseil régional Paca

Elu trois fois de suite président de la région Paca, l’Arlésien aurait une carte à jouer en se parachutant à Marseille, où il aura inauguré en 2013 le monumental Centre régional de la Méditerranée sur le J4. Mais s’étant tenu à l’écart de la gestion de la fédération, il pourrait manquer de relais auprès des élus et des militants. Pour franchir l’obstacle, il prend parti pour la création d’une grande métropole Marseille-Aix-Fos-Arles, apprend l’accent marseillais et délaisse la corrida pour le beach-soccer.

Probabilité : 25%

Bon vent pour « brushing »

Eugène Caselli
Président de la communauté urbaine de Marseille

Homme-lige de Guérini quand il était premier secrétaire du PS 13 (2004-2010), Caselli a été élu à la tête de la communauté urbaine grâce à une subtile manœuvre du clan Guérini envers plusieurs élus UMP dissidents. Devant gérer sous le régime d’un accord bancal droite-gauche, avec Guérini derrière son épaule, Caselli a dû avaler quelques couleuvres, comme l’annulation de l’appel d’offres sur la collecte des ordures après la grève des poubelles fin 2009. L’enquête du juge Duchaîne a été l’occasion de prendre ses distances avec Jean-Noël et Alexandre. Son image lisse et son expérience à la tête du PS puis de MPM peut faciliter les négo avec les partenaires de la gauche, voire attirer quelques UMP. Problème : malgré une campagne d’affichage « monsieur propre » lors de la mise en place de la police de la propreté, « Brushing », comme le surnommerait les frères Guérini, reste encore peu connu du grand public.

Probabilité : 35%

Le garde meurt mais ne se rend pas

Jean-Noël Guérini
Président du conseil général, sénateur des Bouches-du-Rhône

Avoir été battu de seulement 900 voix aux municipales de 2008 donne à Jean-Noël une légitimité décisive par rapport à ses rivaux potentiels. Mais où en sera-t-il judiciairement en 2013 ? L’idéal pour lui serait d’obtenir un non-lieu à l’issue de l’instruction menée par le juge Duchaîne. Faute de quoi, entre les délais de procès en première instance, appel et cassation, le dossier risquerait de rebondir sans cesse jusqu’aux municipales, du pain bénit pour l’UMP. Malgré cela, barricadé au conseil général transformé en fort Chabrol, gérant un budget annuel de 2,4 milliards d’euros, Guérini peut conserver un fort pouvoir d’influence et de nuisance.

Probabilité : 50%

Ségolin attaque le col

Patrick Mennucci
Maire des 1er et 7e arrondissements

Après avoir été le directeur de campagne de Guérini en 2008, le bouillant maire du 1-7 a pris ses distances, jusqu’à devenir un des chefs de file de la fronde au fur et à mesure des développements de l’affaire des marchés publics de déchets. Par deux fois vice-président du conseil régional, il peut faire valoir une certaine expérience de la gestion d’une collectivité, sans toutefois avoir été lui-même chef d’un exécutif. Une victoire aux législatives en 2012 pourrait lui donner encore plus de légitimité. Directeur de campagne de Ségolène Royal, Vauzelle et Guérini, Mennucci a une expérience de la négociation avec cocos, écolos, gauchos et centros qui pourrait être utile pour rassembler la gauche.

Probabilité : 50%

LA SUITE : DÉSIGNEZ VOTRE CANDIDAT PS À LA MAIRIE EN 2014 !


 



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