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Albert Londres
Politiclash II, le retour
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 5/06/2012
 
 

Intimidations, menaces et autres bagarres

 

Militants et colleurs d’affiches agressés, campagnes de diffamation en ligne, affiches systématiquement recouvertes : on n’est pas en Russie ou en Ukraine, mais à Marseille, pour la campagne des législatives 2012. La violence verbale et/ou physique entre candidats et entre leurs militants n’est pas nouvelle : aux législatives de 2007, déjà, le candidat divers-gauche Karim Zéribi s’était fait cambrioler sa permanence, puis avait été agressé physiquement par plusieurs individus. À l’époque, il avait dénoncé « les méthodes du candidat socialiste » Henri Jibrayel. De l’autre côté de l’échiquier politique, Valérie Boyer (UMP) avait elle aussi été prise à parti : « J’ai eu plusieurs fois les pneus crevés, les pare-brises cassés, puis ma maison a été cambriolée, la première fois en trente ans de vie dans le quartier », se souvient la députée.

Plaintes sans suite. Cinq ans après, la tension n’est pas retombée dans les secteurs les plus disputés : dans la 4e circonscription, Patrick Mennucci et plusieurs de ses militants ont été agressés, dont l’un roué de coups, à la cité Félix-Pyat. Dans la 7e, une bagarre entre colleurs d’affiches d’Henri Jibrayel (PS) et Karim Zeribi (Europe Ecologie-Les Verts) a donné lieu à des dépôts de plainte croisés. Le plus souvent sans résultat. « Durant ma première campagne législative, la police a pris ces menaces en compte très sérieusement, mais ils n’ont jamais rien trouvé », explique Valérie Boyer.

En général, le dépôt de plainte aide malgré tout à faire baisser la pression : depuis, l’équipe de campagne de Karim Zéribi estime que « ça s’est calmé ». « On est revenus à une campagne classique, avec du recouvrement de nos affiches, mais rien d’autre ». Un classique de campagne, au point que la candidate EE-LV Laurence Vichnievsky a tout de même porté plainte lundi pour « violation de ses panneaux électoraux ». Un délit puni par une amende de 9 000 € (articles L51 et L90 du code électoral) et qui serait « généralisé et spécifique à Marseille » selon Laurence Vichnievsky.

Parallèlement à la guerre des affiches, la montée en puissance du net dans les campagnes oblige aussi à une veille sur les forums de discussion et les réseaux sociaux. Après l’agression à Félix-Pyat, l’équipe de campagne de Patrick Mennucci avait ainsi porté plainte en diffamation pour certains commentaires publiés sur des fan-pages Facebook. Valérie Boyer a pour sa part récemment dû démentir une rumeur lui attribuant une proposition de loi sur le remboursement de la circoncision rituelle. Plus que quelques jours avant que la bataille ne se concentre dans les urnes.

DEMAIN : Les plus belles affiches électorales en diaporama sonore

Photo 36 Vues, FlickR, licence CC


 



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