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Albert Londres
Campagne UMP dans la 2e
   AlbR 7   le 14/06/2012
 
 

Dernière ligne droite avant le week-end

Député d’une circonscription très marquée à droite, largement en tête au premier tour des législatives et opposé à un socialiste aux abonnés absents, Dominique Tian est de ces candidats qui sont sûrs d’être réélus. Sans pression, le candidat continue de mener campagne. A son rythme.

 

Fin d’après-midi à l’escale Borély. Le soleil est encore haut au dessus du château d’If, les véliplanchistes filent et les promeneurs savourent une glace, les pieds dans l’eau. Il flotte dans l’air comme un parfum de mois de juillet, de vacances. Mais, pour l’équipe de campagne de Dominique Tian, les RTT attendront dimanche et la réélection certaine du député de la deuxième circonscription de Marseille. Avec « seulement » 41% des voix au premier tour, Tian se voit, cette année, contraint à un deuxième tour, à quelques heures sup’. Il faut continuer de tenir des réunions publiques, serrer des paluches et claquer des bises. Dominique Tian est un homme courtois et se plie sans rechigner à l’exercice. Mais il le fait sans trop de passion, sans zèle, en roue libre. Comme un vendredi après-midi à attendre le week-end.

Occuper le terrain. Il a donné rendez-vous à ses militants - qu’il appelle par leur prénom - dans un restaurant en bord de mer pour un apéritif politique. Tapenade, pastis et, parce qu’il le faut bien, discours politique. Souriant pour dire « bonjour » et grave pour expliquer à son auditoire le marasme dans lequel les socialistes vont jeter le pays, Dominique Tian récite sa leçon en attendant que la cloche sonne.

Et c’est suffisant pour maintenir l’enthousiasme de ce public de cinquantenaires acquis à la droite. Le parlementaire est là parce qu’il le faut et ça se voit. Pour « occuper le terrain, » pas pour en gagner. Étaler la serviette pour s’assurer que personne ne vole la place.« Ils [les électeurs UMP] ont été déçus que je ne sois pas élu au premier tour mais, il fallait s’y attendre après la présidentielle, raconte le futur réélu. Je me voyais à un point de moins au premier tour (…) Mais on a eu la chance d’avoir un adversaire inexistant qui vit à Paris. » Comprendre : l’avocat Jean-Pierre Mignard ne doit son résultat (29% des voix au premier tour) qu’à son maillot de bain étiqueté socialiste et à la vague rose qui l’a poussé.

Rapprochements. Mais sur les plages du huitième arrondissement, le rose n’est pas à la mode et c’est le discours « décomplexé » du yachtman Tian qui fait mouche. « Non » au droit de vote des étrangers, « non » au retour de la retraite à 60 ans et « oui » à une justice plus sévère contre les mineurs. A chaque fois, les élégantes cinquantenaires opinent derrière leurs lunettes de soleil et applaudissent de toutes leurs bagues. Rien ne semble pouvoir troubler la quiétude du candidat de la droite, ici. Pas même les manœuvres de rapprochements amorcées par Stéphane Durbec, ancienne figure de proue du FN à Marseille. « Les gens s’en foutent complètement, juge-t-il. Et puis, les électeurs du FN ne sont pas des pestiférés, personnellement, j’ai toujours eu des rapports courtois avec Durbec. » Et, pour sa suppléante aussi, c’est un non-problème qu’un ancien frontiste s’accroche au wagon de son mentor, représentant d’une droite intransigeante. « Si on peut ramener quelqu’un d’extrême vers une droite plus modérée, on n’aura pas perdu notre temps. » Dans la 2e circonscription, la campagne aura finalement peut-être servi à quelque chose. Dimanche soir, les militants vont pouvoir déboucher le champagne qu’ils stockent au frais depuis une semaine.


 



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